La Théorie Organique

Ça respire, ça gronde et ça éructe, c'est vivant. Mais sous le chaos, c'est l'inconnu qui réside. Ceci est un carnet de voyage, le récit d'une balade cosmique au milieu des géants qui peuplent l'univers. Ils sont la clé de toute compréhension, mais ils veillent jalousement sur leurs secrets. Le spectacle somptueux qu'ils nous offrent à tout instant n'est qu'un leurre, une manière pour eux de ne pas se dévoiler. Alors, plutôt que de les affronter, il était préférable de chercher ailleurs, de ne pas s'entêter et d'imaginer une approche différente. C'est ce que je me suis attaché à faire, en toute humilité. Je vous souhaite une bonne lecture.

 

Les mots et la Théorie

 

Imaginons que le cosmos ne soit pas tout à fait ce qu'il semble être, simplement parce que certains des mots qui ont été choisis pour le décrire ne sont pas tout à fait les bons. Ils sont peut-être adaptés, sinon appropriés, ... mais pas tout à fait. C'est tout un métier que de choisir les bons mots. Il existe de vrais talents pour ce faire. Placés aux bons endroits, les bons mots peuvent changer les choses. Ils peuvent tout changer. Inutile de chercher trop loin, la liste des exemples est aussi longue et infinie que les confins de l'Univers. Alors, imaginons un instant qu'une telle chose se produise, que d'une vérité absolue on se décide de douter, et qu'en changeant certains des mots qui la décrivent on tente d'expliquer la raison pour laquelle on s'est mis à douter. Que pourrait-il bien arriver ? En vérité, peu de choses. Il est toujours bon de remettre les évidences en question. C'est dans l'ordre des choses. Le monde évolue et rares sont les certitudes qui peuvent survivre à chacune de ses révolutions.

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J'ai souhaité ne pas accepter le terme d'expansion, dans l'expression "expansion de l'univers", parce que celui-ci ne correspond pas à la vision que je me fais des choses. Cela heurte ma logique, c'est viscéral. Je trouve qu'il sonne faux. Je trouve qu'il induit en erreur. Au terme d'expansion, je lui préfère celui de croissance. La croissance est une construction. C'est le principe sous-jacent qui va permettre à un ensemble de prendre de la dimension dans la stabilité. À la différence de l'expansion, la croissance garantit l'existence d'une architecture. À partir d'un fondement, c'est un travail de bâtisseur qui se met en place et qui dessine au fil de l'eau le cadre inébranlable du futur espace occupé. La croissance est tout sauf synonyme d'instabilité et de désorganisation. Et c'est en cela que la Théorie Organique innove. 

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Le big bang est une bien étrange idée. Il semblerait que tout ait eu un début. Quand je dis tout, je veux bien évidemment parler de tout ce que nous connaissons et qui nous entoure : matière visible et invisible, dimensions et énergie, l'Univers Observable et la nuit noire qui le baigne, en somme. Sous réserve que les calculs soient exacts, j'adhère à la concorde générale qui pense que l'Univers n'est pas né d'une explosion, de l'étincelle d'une pierre à feu, mais d'une inflation soudaine et spontanée de son volume. Parti d'un recoin poussiéreux de sa mémoire, cet étrange bric-à-brac cosmique a brutalement eu envie d'exister. Il s'est mis à enfler formidablement. À des vitesses que l'entendement ne peut pas concevoir, tout ce qu'il contenait, confiné en une zone dimensionnelle restreinte - en comparaison de ce que l'on connait aujourd'hui, que l'on observe et que l'on peut estimer -, s'est dispersé en un battement de cil dans toutes les dimensions.

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Si la théorie du big bang semble bien réfléchie, et par de nombreux calculs bien étayée, il n'en reste pas moins que son idée directrice ne cesse de me surprendre. Il réside dans l'existence de cette zone dimensionnelle fondatrice, cette forme de singularité toute-puissante, quelque chose qui relève de l'illogique. Il m'est difficile d'accepter l'idée qu'une exception cosmique puisse être à l'origine à elle seule de l'Univers dans son entièreté.

Rien ne fonctionne ainsi dans la nature. Tout développement appelle une logique d'échange, une construction d’interactions, une fabrication nouvelle de briques élémentaires sans lesquelles rien n'évolue, rien ne s'exagère, rien n'atteint le stade adulte, rien n'est rendu possible. L'idée même d'un régime autarcique strict en est exclue.

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L'Univers croît comme un organisme vivant. C'est sur ce principe que repose la Théorie Organique. À mon sens, il peut difficilement en être autrement. Il croît en se clonant. C'est une image, sans en être tout à fait une. Chacune de ses parcelles, parmi les plus élémentaires, se duplique et vient régulièrement contribuer à son développement. D'une parcelle élémentaire mère, on passe l'instant d'après à un couple de parcelles élémentaires mère et fille. Si cette idée cadre avec l'idée générale d'un accroissement de l'espace occupé par inflation de son volume, il n'en reste pas moins de grandes différences.

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L'Univers voit sa densité moyenne varier, mais il ne se dilue pas comme on l'entend. Il n'est pas issu d'une quantité finie de matière, d'énergie et de dimensions. Le concept même de densité critique disparaît. Il n'a pas lieu d'être. L'Univers ne s'étire pas. Il ne se dilate pas comme un ballon de baudruche, image que sous-entend le terme d'expansion. Il produit de l'espace en continu, et c'est cela qui le fait progresser en volume. Si une expression mathématique devait traduire son comportement, alors celle-ci serait représentée par une constante propre de duplication. L'Univers croît, certes de manière exponentielle, mais dans la stabilité.

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De cette idée découlent d'autres idées tout aussi enthousiasmantes pour l'esprit, et notamment un second axe de réflexion solide qui pourrait expliquer plusieurs incohérences. Admettons que de place en place cette croissance ne se passe pas tout à fait comme prévu, que certaines parcelles élémentaires filles, issues de la duplication d'une parcelle mère, ne trouvent pas leur place dans l'épaisseur de la toile de l'Univers, dans son maillage. Elles y naissent, viennent s'y fondre, mais au moment important ne parviennent pas à s'y connecter. L'interaction nécessaire avec le réseau du tissu dimensionnel en place ne s'établit pas. En raison probablement d'erreurs de codage, elles sont différentes. Elles ne se sont pas différenciées, au sens biologique du terme. Le tissu hyper-spécialisé de l'Univers ne les reconnaît pas. Elles ont en quelque sorte mutées, tant chimiquement, que quantiquement et/ou physiquement.

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Chacune d'elles crée alors, à l'endroit même où elle se situe, ce que j'appelle un accroc dimensionnel.

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Prenez un voile de soie et un couteau mal aiguisé. A l'aide de la pointe de ce dernier, déchirez la pièce de tissu en son centre. Sur quelques millimètres à peine, cela suffira. Prenez ensuite un fil de soie, une aiguille, de bons lorgnons et réparez la déchirure. Que voyez-vous ? Pour repriser la pièce de tissu, vous avez du coudre du fil de soie dans son épaisseur. Cette dernière est de nouveau présentable, sans trou, mais il reste cependant en son centre un tout petit mamelon de fil de couture entortillé, à peine visible, qui a toutefois la fâcheuse tendance à très légèrement se relever et former une sorte de petit monticule.

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Vous venez de reproduire la formation d'un accroc dimensionnel. Sans le savoir, vous venez de constituer ce qui va devenir le point de départ d'un futur trou noir.

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Lorsque les parcelles élémentaires mutées ne parviennent pas à rejoindre le fonctionnement général du tissage de l'Univers, elles n'en perdent par pour autant leur capacité à se multiplier. Très rapidement, elles se mettent à produire de nouvelles parcelles élémentaires jumelles, ce pour quoi elles ont été programmées. Le problème est que ces petits bouts d'univers nouvellement créés ne trouvent pas, eux non plus, leur place dans le tissu dimensionnel existant. Leur seul point d'ancrage reste cette toute petite parcelle élémentaire différente qui est à l'origine de l'accroc dimensionnel sur et autour duquel elles vont pouvoir commencer à s'agglutiner.

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Si je devais oser une comparaison, je dirais qu'un trou noir est l'évidence d'un dysfonctionnement local des mécanismes de croissance de l'Univers, comme peut l'être une malformation dans le développement d'un corps humain. Et plus ce trou noir sera ancien, plus la quantité de briques élémentaires qui s'y accumulera sera immense. La singularité à l'origine du monstre cosmique, située en son cœur, cette parcelle élémentaire fille dysfonctionnelle restée orpheline, est le point d'ancrage unique du trou noir à partir duquel ce dernier va progressivement s'organiser, grossir, se développer, pour finir par atteindre des dimensions incommensurables.

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Un trou noir pousse de l'intérieur, symétriquement. Il n'absorbe rien. Son horizon des événements est plus proche de la croûte d'une étoile à neutron que d'un point de non retour. On ne bascule pas dans un trou noir. On vient s'y perdre, en le percutant. On vient se fracasser à sa surface. Rien ne peut traverser cette interface infiniment mince et infiniment résistante qui le délimite, ce miroir plasmique infiniment sombre et infiniment infrangible qui en dessine les contours. La meilleure preuve de cette hypothèse est la taille sans commune mesure des trous noirs les plus anciens.

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La pression interne du trou noir n'est pas directement liée à son âge. Sa masse volumique non plus. Seule sa masse l'est. Très rapidement, en raison de la multiplication inépuisable des éléments dimensionnels en son sein et du niveau de gravité que cette accumulation de masse génère autour de lui, un équilibre s'établit. Et ce, très tôt dans sa genèse. Le trou noir est à la fois juge et partie, il est à la fois cause et effet. Il crée les conditions de sa propre stabilité.

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Autour de lui, les choses sont différentes. Le chaos règne. Le niveau de gravité ne cesse de croître. Il est directement lié à l'augmentation continue de sa masse. Si le trou noir y trouve son salut, ce n'est pas précisément le cas pour les objets qui viennent malencontreusement s'égarer dans sa proche banlieue. Attirés par son attraction, ils ne seront bientôt plus rien, sinon des amas de matière désorganisée, chauffés par écrasement à des températures indécentes et/ou rejetés au loin sous la forme de poussières d'étoile ou de flux intenses d'énergie, emblème cosmique de la dynastie des quasars.

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Si l'Univers est à l'origine de sa propre croissance, alors cela signifie que l'univers est stable. Intarissablement, il ajoute de la matière non baryonique et de la dimension à de la matière baryonique dans un cadre dimensionnel existant. Certes, il se développe à des vitesse folles, mais il ne s'affaiblit pas. Comme un corps amiboïde en pleine croissance, il voit une forme de constance l'accompagner. Et plus il croît, plus il voit sa vitesse de croissance augmenter. Cette dernière est directement liée à la progression de sa masse. C'est un mécanisme accumulatif qu'un modèle de calcul se basant sur une croissance exponentielle pourrait quantifier. Une équation différentielle de la sorte :

 

τ(t) = N(t)-1 .  dN(t)/dt

 

où, pour tout t appartenant à ℝ+,

τ(t) est le taux de duplication par parcelle à un temps t.

N(t) le nombre de parcelles au cours du temps.

t le temps.

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Je vois des sourires émerger sur les visages des derniers rangs. Je rappelle sympathiquement à mon aimable assemblée que mes compétences en mathématiques sont celles d'un biologiste, et plus précisément celles d'un microbiologiste, situées à quelques années lumières des leurs. Et, l'âge aidant, n'allant pas forcément dans la bonne direction. Quoiqu'il en soit, j'en ai à présent terminé.

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Pour conclure, j'aimerais ajouter un mot sur les Supernovæ. Même si c'est un point de vue que je ne défendrais pas au péril de mon entendement, on peut imaginer que si l'on parvient à prouver que la puissance d'une supernova peut égratigner le tissu de l'univers et créé au moment de son explosion un accroc dimensionnel, alors le trou noir stellaire ne serait plus orphelin et pourrait changer de caste pour rejoindre celle des monstres cosmiques, trous noirs supermassifs, hypermassifs et consorts. Il n'y aurait dans ce cas plus qu'un seul axe de réflexion. Les trous noirs chemineraient de conserve, sous une même et unique bannière : même origine, à un détail près, et même mode de croissance. Cela unifierait les diverses théories les concernant.

 

Nous vous remercions très sincèrement de nous avoir lu.

L'équipe de la Théorie Organique

 

Nota : Cette intuition fut parmi les premières à être posée. Moyennant une évolution inhérente à toute réflexion scientifique, elle a conduit au Modèle β-DCS (voir les chapitres sur l'expansion de l'Univers). 

Un œil sur la planète

Il est primordial de sauver la planète bleue, nous n'en avons qu'une. Il n'y a pas de plan B, et il n'y en aura jamais. Si on veut avoir le droit de continuer de regarder nos enfants droit dans les yeux, il faut agir. Si nous ne le faisons pas, personne ne le fera à notre place. Bientôt, ceux que nous chérissons tant n'auront même plus le temps de nous en vouloir ; Parce que de planète bleue, il n'y en aura plus. Tout va trop vite. Un astrophysicien me disait, il y a peu: "Imagine un peu à quoi tient la vie dans le cosmos. À si peu de choses. 2000m au-dessus du niveau de la mer, 2000 en dessous, le reste est à la marge". Un constat lucide qui ne laisse pas de place au doute. Trier les poubelles, prendre son vélo, manger sainement, baisser le niveau du chauffage et du chauffe-eau, éteindre les écrans, réduire ses déplacements, nous devons faire tout cela. Si ce n'est pour nous, faisons le au moins pour nos enfants. Car pour eux, c'est avant tout une question de survie.

L'équipe de la Théorie Organique