D'une intuition à l'autre

Ce qui est exposé ci-après est une idée plus hypothétique encore que toutes celles qui l'ont précédée. C'est dire ... Mais si vous voulez vous armer de quelque courage, et de quelque indulgence également - je vous en remercie d'avance, alors ce qui suit pourrait possiblement vous intéresser. C'est une réflexion sans prétention sur ce que pourrait être le liant de l'Univers, cette fameuse matière noire que tout explorateur du cosmos qui se respecte appelle de tous ses vœux depuis si longtemps.

Nota : Cette intuition fut la première à être posée. Si elle garde tout son sens en tant qu'élan intuitif, elle a depuis grandement évolué. Elle a néanmoins montré la voie, le chemin à emprunter (voir les chapitres sur l'expansion de l'Univers : la Géométrie de la Gravité). 

La gravité, ce chaînon manquant

D'un point de vue taxonomique, la gravité est à ranger dans la famille restreinte des dimensions. L'univers est régi par un trio dimensionnel : temps, espace, et gravité. Toutefois, à l'instar de la différence qui existe entre g, l'accélération gravitationnelle sur la terre, et G la constante universelle de gravitation, il est bon de ne pas confondre et mélanger G, la valeur précitée, et G qui désigne la dimension. À cet effet, on la notera G*.

On peut supposer que le tissu de l'univers présente une hypersensibilité à la gravité, notée G*. Il réagit de manière très forte aux variations de cette dernière. Tout comme le couple que forment l'espace et le temps, la gravité et l'espace sont deux formes intimement liées. L'une ne va pas sans l'autre. Plus l'espace se rapproche d'un point gravitationnel "chaud", plus il devient fluide. Plus il s'en éloigne, plus il devient dense. En somme, au plus la gravité est faible, au plus l'espace est épais. Et vice versa. C'est cette dualité qui pourrait expliquer la raison pour laquelle les étoiles orbitant au sein d'une même galaxie, tournent toutes à la même vitesse, à quelques détails de calcul près, qu'elles se trouvent au cœur ou à la périphérie de celle-ci. Du fait de la présence de la gravité G* qui répartit au mieux les nappes d'espace qui les lient entres elles, le risque d'arrachement des étoiles les plus extérieures par effet centrifuge est quasiment nul.

Une balance cosmique

L'unité qui mesure le temps est une unité d'avancement. L'unité qui mesure l'espace est une unité de capacité. L'unité qui mesure la gravité est une unité de conversion. La gravité G* est une dimension amphotère qui fait le pont entre une force d'attraction et une force de viscosité qui s'opposent. C'est une balance cosmique dont le principe de fonctionnement se rapproche fortement de celui des vases communicants.

De place en place, le tissu de l'univers peut s'épaissir. En l'absence de gravité, ou plus précisément en présence d'une gravité extrêmement faible, proche de 0, ce dernier peut devenir incroyablement lourd et épais. C'est le gradient de gravité local qui détermine son niveau d'épaisseur. Des observations du cosmos vont dans le sens de cette hypothèse. Des lentilles gravitationnelles apparaissent dans des endroits où elles n'ont aucune raison d'être, des zones orphelines de toute matière visible, des zones sombres où aucune galaxie ne semble résider. La lumière devrait traverser ces régions du cosmos sans être déviée, et pourtant on observe qu'elle l'est. 

Noir, c'est noir

La gravité G* baigne tout le cosmos, et ce de manière infinie. Indépendamment du fait qu'elle peut présenter une importante variabilité, c'est son caractère d'infinitude qui en fait une dimension. Tout comme le temps et l'espace, elle n'a pas de limite. Mis bout à bout, ses caractéristiques en font un rouage essentiel des mécanismes de l'univers. Qu'il y ait présence ou non à sa proximité d'une source d'attraction, elle joue son rôle de régulateur et stabilisateur de l'architecture générale du "grand tout". Sans son omniprésence, celui-ci ne serait qu'une vaste foire d'empoigne.

Le problème pour les chercheurs est que sa sensibilité à la force d'attraction - gravité G - est extrêmement forte. Dès qu'une source active de cette dernière est détectée, sa capacité à induire une simplification des autres éléments dimensionnels s'active. Le caractère observable et quantifiable de ces derniers s'en trouve alors fortement réduit. Il y a fort à parier qu'avec les forces d'attractions qui tiraillent en permanence notre planète, l'espace qui nous environne soit dans cette situation. Si les chercheurs veulent à tout crin isoler un grain de "matière noire", alors il leur faudra en premier lieu affranchir l'ensemble de leur milieu expérimental de la moindre perturbation que peut induire par sa présence un "quantum" indésirable de gravité.

Rien n'est jamais dû au hasard

L'équipe de la Théorie Organique